Black Beauty est un roman anglais de 1877 raconté par un cheval. Son autrice, Anna Sewell, l’a écrit en six ans, presque sans quitter son lit, et elle est morte cinq mois après sa parution. Le livre est devenu l’un des plus vendus de tous les temps et a pesé sur la manière de traiter les chevaux. Voici son histoire, d’après l’article de Wikipédia en anglais qui lui est consacré.
Ce qu’il faut retenir
- Titre complet : Black Beauty, His Grooms and Companions, the Autobiography of a Horse.
- Le roman paraît en 1877. C’est le seul livre d’Anna Sewell.
- Il compte plus de cinquante millions d’exemplaires vendus, selon Wikipédia.
- Il a contribué à l’abandon d’un enrênement douloureux, la « bearing rein ».
- Il est l’un des premiers romans écrits du point de vue d’un animal.
Une autrice qui ne pouvait plus marcher
Anna Sewell naît à Great Yarmouth, en Angleterre. À 14 ans, elle tombe en rentrant de l’école sous la pluie et se blesse aux deux chevilles. Mal soignée, elle ne marchera plus ni ne restera debout longtemps pour le reste de sa vie. Elle se déplace en voiture à cheval et passe de longues heures à conduire son père en voiture jusqu’à la gare. C’est là que naît son respect pour eux.
Sa mère, Mary Wright Sewell, est une autrice à succès de livres pour la jeunesse. Anna l’aide à éditer ses textes dès son adolescence. Elle ne se marie pas et n’a pas d’enfant. Sa maison natale, à Great Yarmouth, est aujourd’hui un musée.
Six ans d’écriture, cinq mois de succès
Anna Sewell écrit Black Beauty entre 1871 et 1877, dans sa maison d’Old Catton. Sa santé décline, elle sort à peine de son lit. Elle vend le manuscrit à un éditeur local, Jarrold & Sons. Le livre se vend aussitôt. Elle meurt le 25 avril 1878, cinq mois après la parution, assez tard pour voir le succès de son unique roman.
Elle n’écrivait pas pour les enfants. Son but, disait-elle, était de « susciter la bonté, la sympathie et un traitement compréhensif des chevaux » (traduit de l’anglais).
L’histoire racontée par le cheval
Black Beauty raconte sa vie à la première personne. Il grandit poulain dans une ferme anglaise auprès de sa mère, Duchess. Il devient cheval d’attelage chez des propriétaires aisés. Après une chute, ses genoux gardent des cicatrices : il n’est plus jugé présentable et passe de maître en maître. Il finit cheval de fiacre à Londres, avant une retraite heureuse à la campagne.
Chaque chapitre court tient une leçon. Autour de lui, on croise Ginger, une jument alezane qui mord parce qu’on l’a maltraitée, et Merrylegs, un poney gris pommelé poli avec tout le monde, que montent les petites filles de la maison. Il y a aussi Captain, un ancien cheval de l’armée qui a connu la guerre de Crimée et perdu son cavalier lors de la charge de la brigade légère. Le roman décrit enfin la vie difficile des cochers de fiacre londoniens, écrasés par le prix des licences et des tarifs fixés trop bas.
Un roman qui a changé des pratiques
Le livre dénonce la « bearing rein », une rêne qui forçait le cheval à garder la tête haute. Elle était à la mode dans l’Angleterre victorienne, mais douloureuse pour l’encolure. Wikipédia indique que le roman a joué un rôle dans son abandon. Il critique aussi les œillères, qui privent le cheval d’une partie de sa vue la nuit.
Deux ans après la sortie du livre, un million d’exemplaires circulent aux États-Unis. Des militants de la cause animale en distribuent aux cochers et dans les écuries. L’historien Bernard Unti le qualifie de roman contre la cruauté le plus influent de tous les temps. On l’a souvent comparé à La Case de l’oncle Tom pour la force des réactions qu’il a provoquées. En 2003, il figure à la 58e place de The Big Read, le grand sondage de la BBC sur les livres préférés des Britanniques.
Une rumeur à démonter
On lit parfois que Black Beauty aurait été interdit en Afrique du Sud pendant l’apartheid, à cause des mots « Black » et « Beauty ». Wikipédia rapporte le témoignage de Claire Datnow : cette « interdiction » était une plaisanterie qui circulait pour se moquer de l’ignorance des censeurs. Avant de répéter l’anecdote, retiens qu’elle n’est pas prouvée.
Pourquoi le lire aujourd’hui
- Il se lit dès l’enfance, chapitre par chapitre.
- Il montre la vie d’un cheval de travail au XIXe siècle, de la ferme aux rues de Londres.
- Il sert d’entrée en matière pour parler du bien-être du cheval avec un jeune cavalier.
Black Beauty figure dans notre quiz sur les chevaux devenus légendes. Un autre roman a donné envie de monter à des générations de lecteurs : lis l’histoire de l’Étalon Noir de Walter Farley. Et pour les phrases d’écrivains sur le cheval, consulte nos citations cheval avec leur source.
Source : Wikipédia en anglais, « Black Beauty ». Citations traduites de l’anglais.