À Waterloo, le 18 juin 1815, Napoléon n’était pas le seul à avoir un cheval célèbre. En face, le duc de Wellington montait Copenhagen, un alezan au caractère difficile. Son histoire, reconstituée par l’article de Wikipédia en anglais qui lui est consacré, va de la bataille à une retraite paisible, avec un étonnant épisode d’encrier.
Ce qu’il faut retenir
- Copenhagen naît en 1808 et meurt le 12 février 1836, à 28 ans.
- Il porte Wellington pendant la bataille de Waterloo.
- Il finit sa vie dans le domaine du duc, à Stratfield Saye.
- Un de ses sabots, volé après sa mort, devient un encrier.
- Une statue géante le représente à Londres, sous les moqueries.
Un alezan nommé d’après une victoire
Copenhagen naît en 1808. Il est d’origine mêlée, pur-sang et arabe. Son nom rappelle la victoire britannique de la seconde bataille de Copenhague. Les sources divergent sur sa naissance : selon un récit, sa mère aurait accompagné son propriétaire, le général Grosvenor, au siège de Copenhague, et le poulain serait né là-bas ; selon un autre, il serait né en Angleterre, à Eaton Hall. Le registre généalogique de sa mère ne soutient pas la naissance à l’étranger.
Le cheval mesure 15 mains, soit environ 1,52 m. À cinq ans, on le décrit comme un alezan foncé, avec deux balzanes aux postérieurs, solidement bâti mais avec de « mauvaises épaules ». Il a une habitude curieuse : il mange couché.
Comment il arrive chez Wellington
Le général Grosvenor le vend en 1812 à Charles Stewart, futur marquis de Londonderry. Copenhagen part pour Lisbonne en 1813, pendant la guerre d’Espagne. Quand Stewart quitte la péninsule, le cheval est vendu à un colonel, Charles Wood selon une source, Gordon selon une autre, pour un prix qui varie lui aussi selon les récits. Le colonel l’achète pour le duc de Wellington, dont il devient le cheval favori.
Waterloo
Avant la bataille, Wellington chevauche Copenhagen jusqu’à Wavre pour se concerter avec le maréchal prussien Blücher. Le jour de Waterloo, d’après l’article de Wikipédia en anglais, le cheval porte le duc pendant 17 heures sans interruption. Après la bataille, Wellington met pied à terre et lui tape le flanc. Copenhagen lance une ruade vers la tête du duc, qui l’évite de peu.
Wellington a laissé ce jugement, traduit ici de l’anglais : « Il y a eu sans doute des chevaux plus rapides, et beaucoup de plus beaux, mais pour le fond et l’endurance je n’ai jamais vu son pareil. »
Une retraite à Stratfield Saye
Après la guerre, Copenhagen sert encore lors des parades et des cérémonies. Puis il prend sa retraite au domaine du duc, Stratfield Saye House. On raconte qu’il aimait qu’on fasse attention à lui et mangeait ses pommes avec grâce. Des bijoux sont même fabriqués avec ses crins.
Il meurt le 12 février 1836, à 28 ans. Une anecdote attribue sa mort à un excès de gâteaux et de chocolats, mais son âge avancé l’explique sans doute mieux. Il est enterré le lendemain avec les honneurs militaires.
L’histoire du sabot
Lors de l’enterrement, le duc découvre qu’on a coupé un sabot du cheval comme souvenir, et entre dans une violente colère. Le sabot est retrouvé : selon une version, un fermier l’avait acheté et le rend au duc ; selon une autre, un domestique avoue le vol des années plus tard au fils du duc. Le second duc de Wellington le transforme en encrier.
Plus tard, un musée demande à exhumer Copenhagen pour exposer son squelette à côté de celui de Marengo, le cheval de Napoléon. Wellington refuse en prétendant ne pas savoir où il est enterré, alors qu’il avait assisté à l’inhumation. Un chêne planté en 1843 ombrage aujourd’hui la tombe, marquée d’une stèle de marbre posée par son fils.
Un cheval de toutes les couleurs
De son vivant et après sa mort, Copenhagen a été peint bai, gris ou alezan. Wikipédia en anglais raconte qu’Edwin Landseer l’avait représenté fidèlement, en alezan, mais que la toile fut repeinte en gris sur l’ordre de Lady Charles Wellesley, qui préférait les chevaux gris.
Une statue raillée
Une statue de bronze colossale du duc sur Copenhagen, signée Matthew Cotes Wyatt et son fils James, est inaugurée le 28 septembre 1846 sur l’arc de triomphe de Hyde Park Corner, à Londres. Elle pèse 40 tonnes et mesure environ 8 m de long et 9 m de haut. La presse et le public s’en moquent. Un spectateur français aurait lancé : « Nous sommes vengés ! » Le sculpteur, peu satisfait de la silhouette du vieux cheval, s’était d’ailleurs inspiré des mesures d’un autre cheval.
Copenhagen et les chevaux de Napoléon
Le cheval anglais a croisé, de loin, ceux de l’Empereur. Marengo, dont le squelette est conservé à Londres, figure dans notre vrai ou faux sur les chevaux de l’histoire. Le Vizir, naturalisé, est aux Invalides : son histoire est dans notre article sur le Vizir, le cheval de Napoléon. Pour d’autres chevaux de guerre, lis l’histoire de Comanche, le survivant de Little Bighorn.
Source : Wikipédia en anglais, « Copenhagen (horse) » · Wikipédia, « Copenhagen (cheval) ».